10.

De Charybde en Scylla

La lumière verte du tube ne suffisait plus à percer cette poisse et les deux garçons ne voyaient rien à deux mètres. Cependant ils constatèrent que tout ce qui les entourait était recouvert de branches, de lianes, de fougères et d’un lierre énorme, comme s’il poussait là depuis vingt ans.

— Pince-moi, demanda Matt à son ami. On dirait que la végétation a envahi le monde en deux nuits.

— Et même plus de neige ! fit Tobias en se penchant par-dessus le parapet de la route pour distinguer les alentours.

— De mieux en mieux. Est-ce que ta lampe marche ?

Tobias tenta de la rallumer, sans succès.

— Non, aucune en fait, avoua-t-il après en avoir essayé plusieurs. Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? J’avais espéré trouver d’autres personnes…

— On s’en tient à notre plan : aller vers le sud.

— Là-dedans ? objecta Tobias en désignant la brume qui les entourait.

— Oui. Je ne vais pas rester ici, à attendre que les échassiers nous retrouvent. Ils craignent quelque chose au sud, je veux savoir quoi.

— Tu as conscience que le sud dont ils parlent c’est peut-être la Floride ? On va marcher pendant des milliers de kilomètres !

Matt rajusta son sac à dos, sa besace et son épée bien calée entre ses omoplates, avant de s’élancer en lâchant :

— Possible. En tout cas j’y vais.

Tobias marmonna d’obscures protestations en enfilant son gros sac et se dépêcha de rattraper son compagnon.

— Tu as remarqué que plus aucun appareil électrique ne fonctionne ? demanda-t-il. On n’a plus de montre, plus de lampe, plus rien. Ce soir, quand la nuit tombera, on sera coincés.

— Il nous reste plusieurs tubes lumineux et tu es scout, non ? Tu sais faire du feu ! On pourra se faire à manger et se réchauffer.

— N’empêche, ça craint. Quand on voit ce qui s’est passé à New York et quand on voit ici, j’ose pas imaginer ce qui nous attend encore !

— Tobias ?

— Quoi ?

— Imagine moins et marche plus.

Tobias fit la moue, néanmoins le message était reçu et il se tut.

Ils progressèrent en perçant le brouillard de leur halo vert. Il leur fallut marcher durant une heure avant que la route s’ouvre sur un début de ville. Pour ce qu’ils pouvaient en apercevoir, les rues étaient vides, pas une silhouette à l’horizon, pas un bruit. Des boutiques apparurent : coiffeur, marchand d’alcools, toiletteur pour chien, Poste… En passant devant l’église, Tobias proposa :

— On pourrait allumer un cierge, juste au cas où…

— Au cas où quoi ?

— Bah, tu sais… Dieu, tout ça.

— Tu y crois, toi ?

Tobias haussa les épaules.

— Mes parents y croient.

— Ça m’étonnerait que ça suffise. Et franchement, tu as vu l’état de la ville ? Tu crois vraiment que Dieu existe, quand on voit le monde ?

— C’est pas forcément lui qui décide du mal, c’est peut-être nous, lui il est spectateur et il nous laisse faire, un truc dans ce goût-là…

— Dans ce cas pas la peine de lui demander de l’aide, il est sûrement aussi paumé que nous.

Sur quoi Matt changea de chemin sans prévenir et fonça droit sur l’église.

— Je croyais que ça servait à rien ? s’étonna Tobias qui n’arrivait plus à comprendre.

Matt pénétra dans l’édifice, aussi désert que le reste de la ville, et s’empara d’un gros paquet de cierges qu’il fourra dans son sac.

— Au moins, si tu veux allumer un cierge, que ça guide vraiment nos pas, confia-t-il avant de ressortir.

Le centre-ville n’abritait aucun signe de vie. Ils s’arrêtèrent sur les marches de la mairie pour se désaltérer à leurs gourdes et soulager leur dos.

— Tu as remarqué qu’on n’entendait plus d’oiseaux ? Même le jour ! souligna Tobias.

Matt se redressa en hochant la tête.

— Exact. Pas un pépiement, pas un bruissement d’ailes.

Matt s’interrogea sur ce silence pesant. Les éclairs avaient-ils été particulièrement habiles ou existait-il une autre explication ? Matt n’était pas à l’aise, cette brume l’angoissait. En les privant de toute vision, elle les contraignait à choisir leur chemin sur quelques mètres, jamais plus, et il se sentait affreusement vulnérable avec leur tube lumineux qui brillait dans ce nuage sans fin. Il guetta autour de lui. Il ne pouvait même pas voir où s’arrêtait la végétation qui les entourait.

Soudain, Tobias agrippa violemment le bras de son compagnon.

— Aïe ! Qu’est-ce qui te prend ? protesta Matt sous la douleur.

Tobias restait bouche bée, l’index tendu vers la rue, juste devant eux.

Haut comme un chat et de la longueur d’un autobus, un mille-pattes noir avançait, surgi de la brume, la chenille de ses pattes ondulant comme une vague, ses fines antennes palpant le chemin devant lui.

Matt porta une main à son dos, pour saisir la poignée de son épée. L’insecte géant semblait ne pas les avoir repérés, il continua de glisser sans bruit et disparut aussi vite qu’il était arrivé.

— Je… Je veux que tout ça s’arrête, murmura Tobias, épuisé.

Matt relâcha son arme et se leva.

— Ne te laisse pas aller, répondit-il doucement. On doit tenir le coup. Allez, viens, il vaut mieux ne pas traîner ici.

— Et pour aller où ? s’écria Tobias.

Matt perçut un début de panique.

— Dans le Sud, on trouvera quelque chose qui nous aidera peut-être.

— Comment tu peux le savoir, hein ?

Matt haussa les épaules.

— Je te l’ai dit. Si les échassiers craignaient que je sois parti là-bas, c’est qu’il existe une raison. On doit y aller, je le sens.

— Ton fichu instinct, c’est ça ?

Matt fixa les yeux rougis de son ami.

— Oui, fit-il. On doit aller au sud, j’en suis persuadé. Souviens-toi la fois où on s’était perdus dans les Catskills, j’avais retrouvé le refuge du groupe. Et la fois où on jouait dans le parc à côté de Richmond Town, j’ai senti qu’il ne fallait pas y aller et ces trois grands crétins nous ont attaqués ! Chaque fois que je sens un truc, ça marche. Fais-moi confiance. On doit partir pour le Sud.

Tobias se leva péniblement.

— J’espère que tu ne te trompes pas, marmonna-t-il en ajustant son sac à dos et son arc.

Ils se remirent en route, longeant la rue principale qu’ils remontèrent jusqu’aux faubourgs. Là, Tobias s’écarta pour s’emparer d’une bouteille de lait sur le perron d’une petite maison en bois. Tout heureux de sa prise, il en oublia un moment la brume étouffante :

— C’est rare de voir des bouteilles en verre ! On ne voit plus les gens se faire livrer le lait le matin.

— C’est parce que tu es un gars de la ville, ironisa Matt sans joie.

La présence du lait devant la maison lui rappelait surtout la disparition de tous les habitants de la région, peut-être même du pays.

Après une heure de marche, la route se mit à tourner vers l’est, ce qui ne plut guère à Matt, bien qu’il n’osât la quitter. Il ne distinguait pas grand-chose des bas-côtés sinon les ombres d’une végétation dense et basse. Ici, aucun arbre, aucune luxuriance, rien que d’interminables tapis de lianes, de lierres et des mers de fougères. Ils croisèrent une voie de chemin de fer à peu près épargnée par la verdure, et qui partait dans la bonne direction, pourtant Matt ne s’y engagea pas. La route avait un côté rassurant, elle servait d’artère reliant les organes de ce qui avait été une civilisation : les villes. Il voulait les traverser, en dehors d’elles, moins de sécurité, moins de cachettes.

Un kilomètre plus loin, tandis que les panneaux indiquaient la proximité d’une ville, ils ralentirent en percevant des râles et des grondements dans la brume, droit devant eux. Le tube lumineux qui leur servait de lampe commençait à faiblir et Matt en profita pour le lancer au loin dans les champs sauvages qui bordaient le chemin.

Quelqu’un émit une salve de grognements, à moins de cent mètres sur la route. On lui répondit aussitôt, encore plus près. Puis d’autres au loin et ainsi de suite. Matt en compta neuf. Des pas lourds se mirent à résonner.

— Tu penses à la même chose que moi ? interrogea Tobias.

— Des mutants ?

— Ça y ressemble ! Les mêmes bruits dégoûtants. On peut les contourner en passant par les fougères.

Matt fit la moue. Il n’avait aucune envie de s’enfoncer dans cette étrange végétation.

— Tu as une autre idée ? chuchota Tobias. C’est le moment de la donner parce que le truc se rapproche !

— La voie de chemin de fer.

— Quoi ? Derrière nous ?

— Elle part vers le sud, ici on ne sait même pas où on va et ça grouille de mutants.

— M’est avis qu’on sera plus en sécurité dans les villes que dans la campagne.

— C’est ce que je pensais aussi mais… on dirait que les mutants sont… les adultes qui n’ont pas disparu. Et donc plus nombreux dans les villes et les villages.

Les bruits de pas étaient tout proches maintenant.

Tobias tourna la tête en direction de ce qui arrivait sur eux et capitula devant l’urgence :

— OK, on fait demi-tour. Vite.

Ils déguerpirent et Matt attendit d’avoir mis au moins trois cents mètres entre eux et les grognements avant de craquer un autre bâton lumineux qui propagea sa lumière verte autour d’eux. Ils retrouvèrent la voie de chemin de fer et s’engagèrent entre les rails, la peur au ventre.

— Comment tu peux être sûr qu’elle va vers le sud ? demanda Tobias après un long silence.

Matt extirpa un petit objet de sa poche de manteau et ouvrit la main sur une boussole.

— Je l’ai prise au magasin de sports.

— Au moins si les appareils électriques ne fonctionnent plus, le magnétisme lui, est toujours opérationnel !

— Je l’espère, avoua sombrement Matt.

Ils posaient les pieds sur les traverses, planche après planche, remarquant la présence de lianes enroulées autour des rails. Ils ne tardèrent pas à être hypnotisés par la cadence de leurs pas, parfaitement synchronisés. Le stress se dissipa, la fatigue remonta, avec la faim. Il n’était pas midi lorsqu’ils firent une pause en s’asseyant sur les rails. Ils burent presque toute la bouteille de lait en mangeant des barres énergétiques, sans un mot. La brume n’avait pas faibli, elle ne laissait filtrer du soleil qu’un vague halo blanc. Une lumière de crépuscule.

Quelques arbres dressaient de temps à autre leur ombre imposante. Pendant une seconde Matt fut pris d’un doute : et s’ils marchaient ainsi pour rien ? Vers une destination sans fin ? Et s’il n’y avait rien à trouver au sud ? Aussitôt, il cligna des paupières et chassa ces mauvaises pensées. Il ignorait quoi, mais quelque chose au sud dérangeait les échassiers. Aussi sûrement qu’ils le cherchaient pour le compte de leur… maître, ce fameux « Il ». Matt était convaincu qu’il devait filer au plus vite loin de New York.

Ils se remirent en route sans tarder, le manque de sommeil, l’inquiétude et la digestion composèrent un cocktail soporifique qui les fit vaciller en marchant. Lorsqu’il fut évident qu’ils n’en pouvaient plus, Matt leva le bras et proposa une halte. On sortit les duvets et Matt installa le sien entre les rails, sur les traverses.

— Tu vas dormir  ? s’étonna Tobias.

— Oui, qu’est-ce que tu crains ? Pas les trains, en tout cas.

— Moi, je ne pourrais pas. Je préfère encore les racines.

Malgré la tension et l’inconfort, ils sombrèrent aussitôt.

Un sommeil sans rêve. Un sommeil froid.

Et pendant qu’ils se reposaient, une ombre passa au-dessus d’eux, entre cette chape de brume et le soleil. Une ombre silencieuse qui tournoya une minute à l’aplomb de leur position, comme si elle pouvait les sentir, mais, prisonniers de leur sarcophage vaporeux, les deux garçons demeuraient invisibles. L’autre finit par reprendre de l’altitude et se dilua à l’horizon.

Autre-monde 1 - L'Alliance des Trois
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